Entrevue sur Zone Culture

 

3 500 ans pour Élucider la vÉritable identitÉ du « Seigneur » d’Abraham

Au Moyen-Orient, à l'époque du Bronze moyen, les notions de dieu et de demi-dieu étaient des concepts très flous. De très nombreux rois, pharaons et empereurs de l'Antiquité se sont fait vénérer et déifier de leur vivant. Pourtant, une question fondamentale semble n’avoir jamais été posée :

mais qui était donc le « Seigneur » d’Abraham?

Pour plus de trois milliards d’hommes et de femmes, il ne fait aucun doute que c’est « Dieu ». Mais en lui reconnaissant d’emblée une dimension divine, ne faisons-nous pas preuve de complaisance intellectuelle?

Dans Quiproquo sur Dieu, l'auteur nous amène à conclure que le récit d'Abraham - qui est à la base des trois grandes religions monothéistes - repose très probablement sur une incroyable méprise concernant la nature de ce « seigneur ».

Mais comment établir les « preuves » d’une telle théorie alors que les spécialistes n’arrivent même pas à s’entendre sur l’historicité du récit d’Abraham? La démonstration repose sur le recoupement de trois types de preuves : logiques, chronologiques et dendrochronologiques.

Les preuves logiques découlent d’une analyse rigoureuse des écrits et de l’interprétation contextuelle d’une époque où les notions mêmes de « dieu », de « demi-dieu » et de « seigneur » étaient floues. Elles permettent d’élucider un certain nombre de paradoxes. C’est ainsi qu'il devient possible d'expliquer les véritables raisons qui ont motivées la destruction de Sodome en plus de démontrer que les musulmans ont raison lorsqu’ils affirment qu’Ismaël - et non Isaac - est le fils que l’on demande à Abraham de sacrifier.

Les preuves chronologiques permettent de situer les évènements bibliques dans un contexte historique. La durée de vie extraordinaire des Patriarches s’explique par une erreur d’interprétation. Comme les Babyloniens utilisaient la base sexagésimale (60) pour leurs calculs, toutes les dates de la Bible se transposent dans le système décimal actuellement en usage. Une chimie étonnante s’opère alors et le récit biblique trouve une correspondance parfaite avec l’histoire de la région.

Finalement, les preuves dendrochronologiques s’appuient sur une science qui permet de connaître le climat d’une région en fonction de l’analyse des taux de croissance de ses arbres calculés sur leur section. Compilées par l’Université Cornell, les données recueillies sur de vieilles poutres retrouvées dans la région de Canaan permettent de situer les deux famines rapportées dans la Bible : à l’arrivée d’Abraham en Canaan et deux générations plus tard, lorsque Joseph est en Égypte.

Non seulement la précision des données surprend, mais la cohérence de l’ensemble est saisissante. Comme par magie, une correspondance parfaite s’établit entre les preuves logiques, chronologiques et dendrochronologiques. Il devient dès lors possible de mettre un nom sur ce mystérieux seigneur: Hammourabi, roi de Babylone.

L'enquête passionnante qui se déroule sous nos yeux nous fait découvrir un texte que l'on croyait pourtant bien connaître. Athées, agnostiques, croyants: personne ne restera indifférents à ces révélation surprenantes. Et si le contenu risque de choquer quelques fondamentalistes, beaucoup y trouveront des réponses grâce auxquelles ils pourront se réconcilier avec une spiritualité plus humaine, ouverte et inclusive.